ACTUALITÉ

LE SINGE, LE ROBOT ET LE CONSEILLER FINANCIER.

01/05/2017

Le propos n’est pas d’étudier une énième fable de La fontaine découverte dans les greniers de la littérature française, mais de manière plus pragmatique, de comparer les capacités d’analyse financière de l’animal le plus proche de l’homme, de l’homme le plus proche du singe et enfin du robot. Iconoclaste ? Pas vraiment ! Juste de quoi remettre à leur juste place quelques conseillers financiers zélés capables d’expliquer avec aplomb à des clients bien plus fortunés qu’eux, comment s’enrichir plus encore grâce à leurs conseils avisés.

Attention ! Un expert est souvent un raté qui s’ignore !

 

En 1988, le célèbre et ô combien sérieux Wall Street Journal a réalisé une expérience pour le moins provocatrice mais ô combien révélatrice : bander les yeux d’un singe et lui faire lancer des fléchettes sur les pages d’un journal financier. Conclusion surprenante, le primate constitua un portefeuille d’actions aussi performant que celui de l’expert ! Maigre consolation pour ce dernier, une version du jeu en ligne testés sur 2000 investisseurs particuliers donna des résultats plus décevants encore. Seuls 10 % d’entre eux firent mieux que les fléchettes, et nos singes, savants ou pas, se classèrent dans les 10 % des gestionnaires les meilleurs.   

 

Nouveaux arrivés dans les cuisines de l’épargne, les robots gérants de portefeuilles destinés à supplanter les conseillers financiers davantage préoccupés par l’atteinte de leurs objectifs commerciaux que ceux de leurs clients. Ils ont au moins le mérite de fournir une neutralité certaine dans le conseil et surtout à moindre coût.

 

Constitués à partir d’algorithmes, les robot-advisors connaissent une croissance rapide aux Etats-Unis et désormais en Europe, au point d’être intégrés progressivement dans les processus de décisions des grandes banques. Une solution attractive pour les épargnants lassés des promesses non tenues et surtout beaucoup plus raisonnable. Les clients mécontents auront tout loisir d’insulter leur robot ou de casser leur ordinateur assis confortablement dans leur salon, plutôt que d’aller secouer le col blanc de leur banquier et finir au commissariat le plus proche !

 

Les robots, peu onéreux et pacificateurs, ont donc un bel avenir devant eux. Seule ombre au tableau, ils projettent dans l’avenir les schémas économiques et financiers du passé. Un pari des plus aléatoires. Et puis l’expérience n’est-elle pas finalement qu’un peigne pour les chauves !

 

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