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LE PRESSING FINANCIER

L’histoire nous montre que le monde de l’argent et de la lessive ont toujours fait bon ménage. Après avoir longtemps contribué au blanchiment d’argent, les banques ont retourné leur veste avec pour tâche principale d’identifier toutes les traces d’argent sale. Réalité ou poudre aux yeux ?

L'essorage fiscal

Du temps des romains, la lessive se faisait avec les pieds grâce à un mélange subtil d'urine fermentée et de saponaire, plante herbacée importée de Syrie. L'empereur Vespasien eut un jour l'idée saugrenue de taxer l'urine collectée chez les passants romains afin d'être revendue aux couches d'ouvriers foulons ancêtres des teinturiers. La fameuse réplique Pecunia non olet (l'argent n'a pas d'odeur) est d'ailleurs à mettre à son actif. Vespasien laissa une trace indélébile dans l'histoire lorsqu'à la fin du 18ème siècle, des barils d'aisance furent installés aux coins des rues des grandes villes baptisés ultérieurement vespasiennes. Les gouvernants gloutons ont toujours multiplié les canaux pour créer de nouvelles taxes au risque de faire passer les vessies pour des lanternes ! Plus facile naturellement de créer de nouveaux impôts que de couper le robinet des dépenses publiques. Pourquoi dès lors ne pas taxer la salive ? Une façon de limiter la cacophonie ambiante. À condition que les hommes politiques n'en soient pas exonérés bien sûr !

 

La lessiveuse et le bas de laine

L'apparition des premières et célèbres lessiveuses se situe autour de 1850. Véritable révolution pour les ménagères, ces instruments en métal avaient un double fonds et une double fonction, laver et protéger leurs bas de laine. Même si l'eau a coulé sous les ponts, les lessiveuses imprègnent la mémoire collective. Ne viennent-elles pas de refaire surface au fil de l'actualité ? Noirceur ambiante oblige. La Grèce et même le Portugal pourtant réputé pour ses lavandières, ont touché le fond du lavoir. Fac à la dérive du système bancaire nos chères lessiveuses ne sont-elles pas devenues l'ultime rempart pour empêcher le liquide de s'évaporer ?

 

La poudre aux yeux

Offres pseudo gratuites, taux bonifiés, cadeaux Bonux de bienvenue le marketing financier et ses paillettes ont complètement ringardisé le bon père de famille précautionneux cherchant à attiser des pulsions d’achats égocentriques et conformistes à la fois. Les investissements immobiliers sont aux couleurs de la mode : l’ile de Ré printemps-été, Marrakech automne-hiver. Faut-il dès lors se mettre du persil dans les oreilles ou écouter la dernière réclame ? La réalité est toute autre. Seul le doute doit profiter à l'épargnant et peut lui éviter de se faire repasser. Diversification, prises de risques modérés, décisions réfléchies sont les clés d'une épargne pérenne. Il est plus sûr et plus judicieux de rêver en consommant que de rêver en épargnant !

 

Les agents blanchissants

Le 19ème siècle fut marqué par l'avènement des banques et l'invention du coffre-fort. Elles transvasèrent au fil de l’eau dans leurs propres réceptacles l'argent plus ou moins sale qui croupissait au fonds des cuves ferrugineuses. Tout un programme ! Jusqu’à un passé récent l'action de blanchir faisait partie des tâches sacro-saintes du banquier. Même les percepteurs étaient des agents blanchissants encaissant des commissions officielles sur des bons anonymes payés en espèces. Autre temps, autres mœurs, personne n'était choqué par ses procédés blanchissants. La mondialisation, la sophistication et la déréglementation des marchés financiers ont donné la part belle aux blanchisseurs de tout poil au point de menacer les démocraties. Comme pour le dopage dans le sport, le fléau est devenu difficile à combattre. Les trafiquants disposent de moyens illimités et semblent toujours disposer d'une longueur d'avance.

 

Le beau linge sera malheureusement difficile à épingler !

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