Longtemps enfoui au fond des vieux greniers poussiéreux ou dans des coffres sécurisés, l’or était devenu désuet. Fichu héritage d’une vieille tante oubliée qui avait eu l’indélicatesse de nous léguer quelques napoléons dont on ne savait comment se défaire. C’est en tout cas l’image peu glorieuse qu’il laissait entrevoir. L’or ne brillait plus, humilié qu’il était par le dynamisme et l’arrogance des marchés financiers. Mais la relique barbare renait aujourd’hui de ses cendres. Dernière solution de repli en cas de défaillance des états ?

 

La ruée vers l'or.

Au siècle dernier, la ruée vers l’or reflétait une époque où l’espoir d’une vie meilleure rendait les individus capables de creuser des montagnes sans état d’âme et au péril de leur vie. Quelle importance puisqu’ils allaient trouver le bon filon dans ces nouvelles terres qui leur étaient promises. A la fois apanage des pionniers et puissant hallucinogène, l’or était ainsi le symbole d’un modus vivendi où l’on préférait risquer de prendre le train en marche de peur de laisser filer le bon wagon. Le plus sage des individus était capable de sortir de sa réserve voire de péter les plombs à la pensée de faire tintinnabuler quelques Louis d’or.

 

L'écu d'or.

Aujourd’hui, dans un cheminement inverse cette fois, et au moment où cette terre semble s’écrouler sous nos pieds, l’or s’est paré de quelque vertu divine. Il s’est transformé en un puissant analgésique comme par alchimie et soulagerait notre angoisse de voir nos économies fondre dans les forges des agences bancaires. Ultime bouclier avant que le champ de bataille de la finance anarchique se transforme en un tas de ruines ?

 

Des prix pharaoniques.

Au-delà de l’aspect irrationnel des comportements humains, l’envolée de l’or repose sur des fondamentaux économiques et financiers bien tangibles. D’une part, la demande soutenue des consommateurs des pays émergents, principalement la Chine et l’Inde, en route vers leur âge d’or. D’autre part le nouveau positionnement des banques centrales. De vendeuses net d’or depuis 1988, elles sont passées à acheteuses en 2010. Et enfin, la compétitvité retrouvée de la relique barbare par nature improductive d’intérêt à comparer avec la faible rémunération de l’argent.

 

Le rire jaune.

Après avoir perdu un tant soit peu sa superbe couleur originelle au profit de l’or bleu de l’eau ou de l’or noir du pétrole, le métal jaune est à nouveau sur toutes les lèvres. Même ceux qui avaient investi une partie de leurs économies dans les bonnes vieilles couronnes en or au détriment de la moderne céramique osent afficher leur sourire ! Et pour cause, leur capital dentaire a plus que doublé en trois ans tandis que les marchés financiers dévissaient d’autant. Pourtant tout n’est pas or rose. Rappelons-nous simplement la descente aux enfers du métal jaune dans les années 1980 simultanément à l’envolée du cours des actions.

 

Que faire dès lors ?

L’or est considéré à tort et à raison comme une valeur refuge d’autant que le refuge s’est transformé aussi en outil de spéculation. Des produits financiers plus ou moins complexes indexés sur ce métal sont sortis de terre. Il n’est pas certain qu’en cas de faillites des banques dépositaires les investisseurs retrouvent leurs petits. Il est préférable donc d’acheter de l’or physique. Quoi qu’il en soit, le seul refuge véritable n’est-il pas finalement de considérer le travail comme source de création de richesse ? A condition bien sur d’avoir de l’or dans les mains.

 

“ L'âge d'or était l'âge ou l'or ne régnait pas. ”
Claude Lezay-Marnezia

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