L'HYPER CRISE D'HYPOCRISIE

Les fêtes de la toussaint sont traditionnellement consacrées à honorer les morts. Au moment où l’europe est sur le point de manger les pissenlits par la racine, pourquoi ne pas faire l’oraison funèbre de la Grèce ? La première victime d’un drôle de système visant à attribuer les mêmes prérogatives à des pays culturellement et économiquement très éloignés. Plutôt que de tirer sur l’ambulance, la question est de savoir à qui profite le crime ?

 

Le revers de la médaille

Désigner la Grèce comme pays organisateur des JO ? Quoi de plus naturel ! Après tout, pourquoi ne pas installer le siège de la Ligue des droits de l’homme en Irak puisque c’est le berceau de la civilisation ? Les 115 membres du Comité International Olympique (CIO), vénérable et richissime association soi-disant à but non lucratif et installée en Suisse, s’en attribuèrent ainsi la paternité. Lorsqu'en 1997 Athènes fut choisie, le coût des JO était alors estimé à 1,3 milliard de dollars. Les records ne sont-ils pas faits pour être battus ? La barre des 5,3 milliards fut dépassée quatre ans plus tard. Record pulvérisé au dernier lancer avec plus de 20 milliards d’investissements partis dans la fumée de la flamme olympique !

 

Guerre et paix

La promotion de la paix a coûté très cher aux Hellènes, ils n’en ont pas pour autant perdu leur latin « si vis pacem para bellum ». Les dépenses militaires de la Grèce représentent ainsi plus de 4 % de leur PIB, soit près de deux fois celui de la France et trois fois celui de l’Allemagne. De quoi se payer largement la tête des Turcs poussés à la roue par les lobbies militaro-industriels français et allemands, empressés de récupérer une partie de la manne financière européenne. Six frégates de guerre vendues par la France en 2010 pour 2,5 milliards d’euros à un pays qui est devenu son troisième acheteur en matière de défense ! Autant de sous-marins allemands pour 5 milliards d’euros ! Ces achats seront-ils honorés et par qui ? Peut-être un boulet de plus pour les contribuables transformés en chair à canon.

 

L'arrosage automatique

Quelques multinationales bafouèrent la fameuse règle de l’olympisme « que le meilleur gagne » en trempant jusqu’à l’os quelques dirigeants politiques. De quoi mettre paradoxalement le pays à sec : 10 millions d’euros de pots-de-vin pour la vente du système antimissile Patriot, 100 millions pour la digitalisation de centres téléphoniques ! Difficile dans ces conditions de ne pas exploser. Cerise sur le gâteau, la vente de matériel défectueux : un système de sécurité pour les JO de 2004 qui n’a jamais fonctionné et un somptueux métro où le voyageur le plus honnête a du mal à payer son billet !

 

Les banques incendiaires

Profitant du flot d’argent à bon compte mis à leur disposition par la FED et la BCE, les banques prêtèrent sans modération à la Grèce transférant en partie les risques sur des tiers dans un relent de subprime. Dans cet univers ultra libéral, c’est paradoxalement les états qui durent apporter une fois de plus leur soutien aux banques. Il faut dire à̀ leur corps défendant que le spectre de faillites bancaires, et par conséquent la ruine des déposants, n’était pas envisageable. Dans ce jeu de dupe la mise sous tutelle des banques est plus que jamais d’actualité.

 

La coupe est pleine

Dans un tel contexte, les mesures d’austérité envers le peuple grec ont du mal à être digérées même si elles sont justes à bien des égards. Les prêteurs et les emprunteurs ne sont-ils pas à renvoyer au vestiaire dos à dos ? Une grande partie de la dette ne doit-elle pas être effacée car illégitime ? Si le marathon est l’épreuve reine des Jeux Olympiques, il va falloir passer au sprint pour ne pas arriver hors délai.

 

“ L’hypocrisie est un vice à la mode et tous les vices à la mode passent pour vertus. ”

Dom Juan, Molière.

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